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Salariés

Métier de caissière : signature d’un accord de formation entre Casino et les syndicats

Métier de caissière : signature d’un accord de formation entre Casino et les syndicats

Mercredi 26 février 2020, les enseignes Géant Casino et Casino Supermarché ont annoncé la signature d’un accord avec quatre des cinq organisations syndicales représentatives. Celui-ci est relatif à l’accompagnement des hôtes de caisses dans le cadre de l’évolution du métier. Avec une enveloppe de 5 millions d’euros, ce plan triennal de développement des compétences accompagnera 6000 salariés.

Cet accord est le résultat d’un dialogue social fondé sur un constat commun. L’évolution des modes de consommation et de paiement implique de nouvelles compétences, orientées davantage vers le conseil client. Ceux-ci rendent obsolète le métier d’hôte de caisse tel qu’il est aujourd’hui. Les attentes des clients ont évolué vers une praticité et une rapidité des achats. La pression concurrentielle est forte, notamment avec la concurrence du e-commerce, obligeant le secteur à recourir à des innovations technologiques. L’implantation progressive des technologies simplifiant l’acte d’achat comme les caisses en libre service ou encore les portiques, permettant de payer par téléphone, entraînent des mutations profondes dans les métiers de la distribution. En première ligne, le métier d’hôte de caisses.

Un accord pour accompagner la transformation du métier de caissier chez Casino

Face aux transformations des métiers, les politiques de ressources humaines doivent développer des stratégies de prospective et d’anticipation. Le recours aux caisses automatiques nécessite la présence d’un employé afin d’aider l’utilisateur dans son acte d’achat. Ce travail nécessite de maîtriser de nouvelles compétences dans la relation client. Le premier enjeu pour Casino et les syndicats (FO, CFDT, UNSA, CFE-CGC) est donc d’identifier ces nouvelles compétences. Une fois les besoins recensés, le distributeur s’engage à construire une offre de formation adaptée, en phase avec les évolutions du secteur et les attentes des salariés. Par conséquent, il s’agira de proposer aux 6000 salariés concernés des formations et certifications permettant d’évoluer vers ce nouveau métier de “conseiller clientèle”. À noter que l’enseigne insiste sur la possibilité pour les salariés de rester sur les métiers de l’encaissement, tout en proposant d’évoluer vers d’autres métiers au sein du groupe.

Le succès de la transition vers l’automatisation dépend de la politique de ressources humaines qui l’accompagne. C’est pourquoi l’accord prévoit de former 700 managers et directeurs de magasins afin de conduire cette évolution. Pour Casino, l’objectif est donc de se préparer à l’émergence de nouveaux modèles de supermarchés, qui reconfigurent la relation client et la façon de faire ses courses.

Les syndicats satisfaits de l’accord de formation avec Casino

Cet accord, inédit en son genre, est la preuve qu’acteurs de la grande distribution et syndicats peuvent œuvrer conjointement à la transformation du secteur. Force est de constater qu’il offre des garanties pour le salarié tout en adaptant les métiers aux nouvelles contraintes technologiques. Selon le DRH du groupe, dans le cadre du plan de formation, basé sur le principe du volontariat, les salariés qui souhaitent évoluer vers le métier de “conseiller clientèle” peuvent prétendre à une “grille de salaire supérieur en moyenne de 100 euros” mensuels par rapport au métier d’hôte de caisse. De quoi réjouir les organisations syndicales, d’autant plus que cette hausse concerne une profession caractérisée par des contrats partiels et un nombre important de femmes et d’étudiants. Parmi les réactions positives, celle de Laurence Gilardo, du syndicat FO, qui s’est félicitée d’un “accord historique”, qui a comme conséquence de “préserver l’emploi” face aux mutations induites par l’automatisation. Une prise de position qui tranche avec les réactions habituelles des syndicats concernant le recours à l’automatisation.

Casino semble donc avoir réussi, là où beaucoup ont échoué, c’est à dire parvenir à apporter une solution commune à un problème partagé, celui des conséquences de l’automatisation sur les emplois.

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