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Covid-19 : Muriel Pénicaud autorise le travail dominical pour les entreprises de la logistique

Covid-19 : Muriel Pénicaud autorise le travail dominical pour les entreprises de la logistique

En pleine crise du Covid-19, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a autorisé le travail du dimanche dans les entreprises de la logistique afin d’assurer l’approvisionnement des magasins et limiter les ruptures liées aux achats de précaution.

Le vendredi 13 mars, par décret, Muriel Pénicaud a ajouté les entreprises de logistique à la liste des “entreprises d’expédition, de transit et d’emballage” bénéficiant d’une dérogation permanente au repos dominical. Une décision qui fait suite à la demande des entreprises de la logistique, soumises à des contraintes d’approvisionnement dans un contexte de forte demande.

L’inquiétude soulevée par le Covid-19 suscite un boom de la consommation

En effet, les différentes annonces de l’exécutif visant à endiguer la propagation du virus ont poussé les Français à faire des achats de précaution. Si les consommateurs ont d’abord acheté des désinfectants pour les mains, ils ont rapidement accentué leurs achats pour stocker certains produits d’épicerie et d’hygiène. Selon une étude Nielsen, le chiffre d’affaires de la grande distribution a progressé de 9.4% du 2 au 8 mars, comparé à la même période l’année dernière. Le e-commerce connaît quant à lui une progression quatre fois plus forte que la grande distribution. Les achats en ligne ont atteint un niveau historique, avec 164 millions d’euros de chiffre d’affaires, réalisant plus de 7% des ventes de la grande distribution pendant cette même semaine. Mais c’est la livraison à domicile qui détient la meilleure progression, avec près de 74 % de hausse.

Pour Anne Haine, directrice de l’institut Nielsen, ces chiffres s’expliquent par l’incertitude liée à la situation sanitaire qui influence le comportement des consommateurs qui parfois “sur-réagissent” en stockant des produits de première nécessité. Des sur-réactions renforcées par les récentes déclarations, d’Emmanuel Macron, le jeudi 12 mars et celles d’Edouard Philippe le samedi 14 mars, qui ont eu pour conséquence d’accroître la pression sur les magasins alimentaires, avec une évolution graduelle en termes d’intensité depuis jeudi (avec une ruée vers les sites de e-commerce, ce qui n’a pas manqué de créer des problèmes de saturation des serveurs), en passant par vendredi avec les premières saturations des magasins, jusqu’à la journée du lundi 16 mars marquée par des queues interminables dans la plupart des magasins en France. Alors même que, comme l’a notamment déclaré Michel-Edouard Leclerc, “on a de la bouffe jusqu'à l'été”.

Les acteurs de la distribution se veulent rassurant sur le niveau des stocks

Concernant les ruptures de stocks, les acteurs de la grande distribution souhaitent en effet rassurer les Français. Dominique Schelcher, Alexandre Bompard, Michel-Edouard Leclerc, Jean Charles Naouri et Thierry Cotillard, respectivement dirigeant de Système U, Carrefour, Leclerc, Casino et d’Intermarché, étaient d’ailleurs réunis à Bercy hier aux côtés de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et d’Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès de ce dernier. Ils ont apporté des garanties concernant le niveau des stocks de produits de première nécessité. Par la même occasion, ils ont demandé aux français d’éviter les achats de précaution alors qu’il n’y a pas de risque de pénurie. Un sentiment partagé par Jacques Creyssel, Directeur Général de la Fédération du Commerce et de la Distribution, qui suggère aux consommateurs d’étaler leurs achats dans le temps.

De même que pour réduire la diffusion de l’épidémie de Covid-19, il est impératif, comme l’indiquent les chercheurs et les épidémiologistes, de mettre en place le schéma du “Flatten the Curve”, il en est de même dans le secteur de la grande distribution où, afin d’éviter les ruptures de stock et, surtout, d’éviter des situations problématiques, il convient de lisser les achats dans le temps.

Le travail dominical et l’élargissement des horaires de travail pour répondre aux contraintes des réapprovisionnements

Cette hausse de la consommation implique néanmoins des tensions dans la chaîne logistique. Il convient de les supplanter afin de réapprovisionner rapidement les rayons les plus concernés. Si le niveau des stocks est suffisant pour faire face à la crise sanitaire, leur acheminement dans les magasins doit nécessiter une réactivité et une mobilisation importantes des personnels. Si des embauches supplémentaires peuvent répondre à cette hausse de l’activité, un élargissement des plages horaires est primordial pour faire face à ces besoins de réapprovisionnement. En ce sens, après avoir autorisé le travail dominical dans les entrepôts, la ministre du Travail réfléchit à une dérogation concernant les horaires de nuit.

La crise du Covid-19 témoigne de la capacité des pouvoirs publics à mobiliser l’arsenal législatif afin que le pays soit en mesure de faire face à des situations inédites. Pour preuve, cette annonce s’inscrit dans une série de mesures permettant d’atténuer les conséquences économiques de cette crise sanitaire. À savoir, un assouplissement des modalités de chômage partiel, mais aussi un report des charges pour les entreprises.

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