preloader
Entreprises

Covid-19 : Amazon recrute face aux mesures de confinements et à la hausse massive de la demande

Covid-19 : Amazon recrute face aux mesures de confinements et à la hausse massive de la demande

Amazon, le géant du e-commerce, a annoncé qu’il allait recruter 100 000 personnes aux États-Unis. L’entreprise doit adapter sa logistique afin de faire face à un boom de la demande dans le cadre de l’épidémie de Covid-19. Une situation inédite notamment pendant cette période de l’année.

Lundi 16 mars, la firme américaine a lancé un appel à ceux qui ont perdu temporairement leurs emplois, notamment dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. L’entreprise propose de les “accueillir jusqu’à ce que leur employeur puisse les reprendre”. Des emplois à temps partiel ou temps plein qui viendront s’ajouter aux 800 000 salariés que compte déjà Amazon. Cette création d’emplois aux États-Unis devrait annoncer des recrutements dans d’autres pays.

Les mesures de confinement face au Covid-19 boostent le e-commerce

Le durcissement des mesures de confinement, dans plusieurs pays, dont la France, devrait confirmer, si ce n’est amplifier, la hausse significative des achats en ligne. Si les ventes en lignes avaient progressé significativement en Chine, épicentre du virus, la propagation de celui-ci à l’échelle mondial en a fait une tendance globale. À l’intérieur de chaque pays, en raison des mesures de restriction des déplacements, et face aux cohues observées dans les magasins physiques, la vente en ligne se développe massivement. Que ce soient des mesures de confinement total ou partiel, la vente en ligne devient un moyen de faire ses courses tout en respectant les règles sanitaires. Dans de nombreux pays, seuls les commerces de détail alimentaire sont encore autorisés à ouvrir, et doivent respecter des règles contraignantes afin de ne pas devenir des lieux de contamination. Une aubaine pour Amazon, qui devrait devenir un maillon essentiel, si ce n’est vital, de la chaîne de consommation. Selon Michael Pachter, analyste financier du cabinet Wedbush Securities, le géant Américain devrait “battre un record d’activité” au cours du trimestre en cours. Pour l’année 2020, la France devrait donc dépasser largement le chiffre de 40.37 milliards d’euros dépensé en 2019 par les Français pour l’achat en ligne de biens matériels.

L’épidémie de Covid-19, un défi logistique pour Amazon

Dans ce contexte de crise sanitaire sans précédent, la chaîne logistique d’Amazon doit s’adapter à un phénomène rapide, qui nécessite des moyens humains, techniques et financiers importants. Par conséquent, les délais de livraison devraient être bien loin des livraisons en 2 heures auxquelles peuvent prétendre les abonnés du programme Amazon Prime. Par précaution, le géant du e-commerce, via sa page d’accueil, a partagé le message suivant “compte tenu de la situation actuelle, nos délais de livraison peuvent être allongés”. Au même titre que les magasins physiques, sous la pression des achats dits de précaution, auxquels se prêtent de nombreux consommateurs, certains produits de la plateforme font l’objet de rupture de stocks. Dans cette situation, l’objectif est d’assurer le réapprovisionnement, tout en maintenant un service de livraison efficace, notamment en matière de respect des délais.

Par ailleurs, l’enjeu est aussi de répondre à la demande, sans négliger la santé de ses salariés. Si certains salariés peuvent bénéficier du télétravail, ce n’est pas le cas de tous. Sur ce point, l’entreprise fournit du matériel de protection et revoit les procédures d’hygiène dans les entrepôts. Mais les mesures sont jugées insuffisantes par certains, qui font valoir leur droit de retrait et lancent des appels à la grève.

Afin de répondre à ce défi logistique, plusieurs solutions s’offrent donc à Amazon. La première, choisie par Amazon, est celle du recrutement dans un contexte à fort besoin de main d’oeuvre. La deuxième est un élargissement des horaires de travail. Une réponse juridique qui, de fait, est du ressort de l’État. En ce sens, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a décidé d’autoriser le travail dominical dans les entrepôts. Un assouplissement temporaire de la loi qui pourrait s’élargir, notamment avec le travail de nuit, en parallèle à l’évolution de la crise sanitaire. Pour l’entreprise, il s’agit aussi de prioriser certains produits pour éviter des risques de rupture. Les livraisons de produits alimentaires ou médicaux sont de toute évidence prioritaires.

Après le confinement face au Covid-19, un changement durable dans la façon de consommer ?

Cette crise sanitaire modifie profondément les habitudes des habitants du monde entier. Les salariés travaillent en ligne toute la journée, parfois même via des outils collaboratifs alimentés par des serveurs Amazon. Ils font leurs courses sur internet et se divertissent le soir en se connectant sur des plateformes de VOD. Un tout numérique qui devrait aboutir à de nouvelles habitudes de consommation. Au sujet des ventes en ligne, la dynamique ne date pas d’aujourd’hui, en particulier en France. Déjà en 2019, 22.2 millions de Français avaient commandé sur Amazon. Preuve que le e-commerce est déjà inscrit dans les habitudes de consommation.

La question est donc de savoir si cette crise sanitaire peut inscrire durablement de nouveaux comportements de consommation, plus agiles et multicanaux. Pour l’instant, la crise est conjoncturelle, la hausse de la demande de même nature. Les ventes en ligne sont pour partie, le résultat d’achats de substitution à ceux effectués dans les commerces physiques. Tout l’enjeu pour le géant du e-commerce sera de transformer cette demande conjoncturelle en une demande structurelle. Une tendance qui dépendra de l’évolution de la crise sanitaire, mais aussi de la conjoncture économique qui devrait, malgré l’intervention de l’État, conduire à une baisse massive du pouvoir d’achat dans les mois à venir.

Partager :