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Salariés

Travail le dimanche : un jour sollicité pour l’emploi étudiant

Travail le dimanche : un jour sollicité pour l’emploi étudiant

D’après l’enquête Conditions de vie des étudiants 2016, 46% des étudiants ont déclaré avoir effectué une activité rémunérée en parallèle de leurs études. Ces activités ont des conséquences sur les conditions de vie des étudiants, mais elles sont aussi déterminantes pour l’insertion professionnelle. Alors que le travail en semaine peut entrer en conflit avec la formation de l’étudiant, le travail du dimanche est une solution pour cumuler travail et poursuite d’études.

Travail du dimanche : une source de rémunération certaine pour les étudiants

La démocratisation de l’enseignement supérieur, et donc l’entrée tardive sur le marché du travail de plus en plus d’étudiants, a fait du travail du dimanche une source de revenus importante pour nombre d’entre-eux. C’est à la fois une ressource financière et une source d’expérience professionnelle.

En référence à l'étude de l’Observatoire national de la vie étudiante, il est possible de dégager trois grandes motivations à l’exercice d’une activité rémunérée chez les étudiants. Parmi l’ensemble des étudiants qui travaillent, la motivation financière prédomine, avec près de 73% des étudiants qui déclarent qu’elle permet d’améliorer leur niveau de vie. Parallèlement, l’acquisition d’une expérience professionnelle est également une motivation forte pour 69% de ces étudiants. Pour 58% d’entre-eux, elle est un moyen d’indépendance vis-à-vis du cercle familial. Concernant ce dernier point, les études supérieures se traduisent en effet par un processus d’indépendance et d’autonomisation vis-à-vis des parents, et donc par une évolution des modes de vie. Pour 66% des étudiants qui ne vivent pas chez leurs parents, l’activité rémunérée leur est indispensable pour vivre. Le travail du dimanche peut donc être une source de revenus indispensable, dans le cadre d’une indépendance résidentielle, ou bien lorsque le soutien financier de la famille n’est pas suffisant.

Pourquoi les étudiants travaillent-ils le dimanche plutôt qu’un autre jour de la semaine ?

De nombreux étudiants choisissent de travailler le dimanche. En 2013, ils représentaient un septième des travailleurs dominicaux. Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’avantage du dimanche dans le travail hebdomadaire des étudiants. La première raison est celle de la rémunération.D’après un étudiant caissier chez Truffaut, enseigne de jardinerie, travailler quatre week-ends par mois permet de gagner 80% du salaire d’une personne qui travaille 35 heures. En effet, dans le secteur de commerce de détail, la majoration salariale du dimanche peut varier entre 50% et 100%. Un argument financier intéressant quand on connaît la situation financière des étudiants.

Le dimanche comme jour de travail revêt aussi un avantage organisationnel car il épouse les disponibilités du temps de travail. Celui-ci permet d’éviter de rentrer en conflit avec la formation initiale des étudiants. Ils peuvent ainsi dédier leur semaine exclusivement à la présence en cours. Ces difficultés inhérentes à la conciliation des études avec un travail en semaine peuvent venir influencer sur les résultats des étudiants, là ou le dimanche limite ces effets.

Quand les syndicats mettent en péril les emplois dominicaux de milliers d’étudiants

Renoncer à une ouverture dominicale reviendrait donc à priver des milliers d’étudiants d’une source de rémunération non négligeable. On pourrait même parler, pour certains, de mise en péril de la poursuite de leurs études. D’autant plus que la grande distribution, qui cristallise les tensions autour du travail dominical, est un secteur privilégié par les étudiants. L’ouvrage Le salariat : histoire, théorie et formes, publié en 2007 par Sophie Bernard et Flore Chappaz, nous apprend que la part de l’emploi étudiant en caisse est passée de 10% à 50% en 5 ans. Au delà des oppositions syndicales aux ouvertures le dimanche, les dérogations qui l’encadrent peuvent créer une situation instable pour les étudiants.

L’interdiction de l’ouverture dominicale des commerces est assortie d’un nombre important de dérogations. Attribuées dans certains cas par décision du maire ou du préfet, elles comportent une dose considérable d’arbitraire. Outre le fait que ces dérogations soient tardives, elles doivent être renouvelées périodiquement, ce qui crée un climat d’instabilité. De plus, ces dérogations se basent parfois sur des critères géographiques, qui peuvent exclure certains magasins, pourtant à proximité de ZTI ou de zones commerciales. Comment expliquer alors une différence d’opportunité entre les étudiants qui n’habitent pas dans les mêmes zones géographiques ? Le cadre réglementaire peut donc, en ce sens, freiner le développement de l’emploi étudiant.

Ainsi, l’exercice d’une activité rémunérée le dimanche affecte les conditions de vie et d’étude. Condition d’autonomie vis-à-vis du cercle familial pour certains, elle est indispensable financièrement pour d’autres. Mais les organisations syndicales, aveuglées par une approche dogmatique, préfèrent empêcher les salariés qui le souhaitent de travailler le dimanche, surtout quand cette source de revenu finance les études des jeunes français. Les syndicats resteront-ils insensibles longtemps aux appels, silencieux, mais réels d’une jeunesse qui souhaite seulement travailler ?

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