preloader
Économie

Relance économique : pourquoi les appels à travailler le dimanche se multiplient

Relance économique : pourquoi les appels à travailler le dimanche se multiplient

Alors que les inquiétudes au sujet de l’effectivité de la reprise économique persistent, la sortie de crise questionne sur le choix de la politique de relance. Dans ce contexte, les appels à travailler le dimanche se multiplient, d’une part pour soutenir l’offre, comme cela a été le cas pendant le confinement, ou d’autre part pour relancer la consommation et créer un choc de demande.

Si les consommateurs sont encore réticents à dépenser leur argent dans un contexte économique aussi incertain, les entreprises sont quand à elles, confrontées à de nombreux défis d’organisation du temps de travail : réduction du nombre d’employés sur site, réaménagement des espaces de travail, recours au télétravail, pics de demande pour certains, tassement voire diminution de la demande pour d’autres. Jamais celles-ci n’ont eu autant besoin de flexibilité pour adapter leur appareil productif. Si les règles relatives au temps de travail, et notamment au travail le dimanche ont été assouplies pendant la période du confinement, les récents appels pour pérenniser ces aménagements traduisent à leur manière l’ampleur du défi de la sortie de crise.

Le travail le dimanche : une solution pour soutenir l’offre dans une période de crise sanitaire

À l’heure du bilan du confinement par les entreprises, difficile de ne pas voir dans les assouplissements réglementaires décidés par l’État un facteur clé de succès de leur gestion de crise. Si l’introspection n’est pas aisée, de nombreux chefs d’entreprise s’accordent à dire que l’aménagement du temps de travail a permis de répondre aux différents pics de demande, du moins de tenir le rythme, tout en préservant la sécurité des salariés. Un sentiment largement partagé dans le secteur de la grande distribution, dont les supermarchés ont rapidement été pris d’assaut par des consommateurs inquiets des risques de pénurie.

Invité à se prononcer sur la résilience de la grande distribution pendant la période de crise sanitaire, Thierry Cotillard, président d’Intermarché et de Netto, a insisté sur la suppression par l’État “des carcans technocratiques” qui ont permis, à son enseigne, d’aménager le temps de travail et d’avoir notamment recours au travail le dimanche via l’ouverture dominicale des supermarchés. Une mesure qui a eu le mérite de lisser les achats dans le temps, de réduire les pics de fréquentation, et de laisser le temps, au personnel, de réapprovisionner les rayons. Dans ce contexte, dès l’entrée en vigueur des mesures de confinement, l’enseigne Intermarché, a étendu les horaires d’ouverture de plusieurs de ses supermarchés. Pour la plupart d’entre eux, dont le supermarché d’Issy-Les-Moulineaux, le choix a été d’ouvrir le magasin jusqu’à 16h le dimanche contre 13h habituellement.

Au-delà de la grande distribution, les secteurs nécessaires au maintien de l’activité économique, l’agroalimentaire, la logistique, les transports, l’énergie, les télécommunications ont elles aussi eu recours au travail le dimanche. Un recours qui devrait se pérenniser dans la phase de reprise économique pour plusieurs entreprises concernées par des pics de demande, et soumises au respect des règles sanitaires.

Un levier d’accélération de la consommation dans le contexte de crise sanitaire

Dans un récent article, L’Express, titrait “Reprise économique, l’illusion statistique”. En quelques lignes, l’hebdomadaire s’est attaché à démontrer pourquoi la reprise sera “molle” et “en dents de scie” alors que la récession a été “brutale” et “courte”. Un pessimisme qui traduit l’état d’esprit de bon nombre d’entreprises et de commerces, inquiets pour leur survie alors que la reprise économique peine à s’enclencher.

Alors que les politiques monétaires semblent impuissantes pour contenir une crise économique d’ampleur, que la situation financière des entreprises ne permet pas d’avoir recours à l’impôt, beaucoup fondent leurs espoirs dans une relance de la consommation. Produire un contre-choc d’activité permettraient de surmonter une récession qui s’annonce longue et puissante. Devant cet impératif, plusieurs acteurs économiques et politiques, proposent d’ouvrir les commerces le dimanche, afin de doper la consommation. Très récemment, Jacques Creyssel a formulé cette demande en précisant qu’il souhaitait que les commerces puissent ouvrir librement “là où la demande des clients est forte”. Une nécessité, d’autant plus que les commerçants subissent de plein fouet la concurrence du e-commerce, accélérée dans la période de confinement. Une concurrence qui fait planer le risque d’une désaffection des consommateurs pour le commerce physique. Une prise de parole qui succède à d’autres injonctions à ouvrir les commerces le dimanche, comme celle d’Eric Woerth, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale.

Si la flexibilité du travail le dimanche a été une carte utilisée par les entreprises et les pouvoirs publics en France, cette solution a également trouvé des échos ailleurs en Europe. Face à une crise économique qui se joue à l’échelle européenne, les politiques économiques en matière de gestion de la crise ont également parié sur le travail le dimanche, notamment au Royaume-Uni, où la réglementation est déjà plus flexible qu’en France.

Partager :