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Économie

Les recommandations d’Erwann Tison pour un déconfinement réussi

Les recommandations d’Erwann Tison pour un déconfinement réussi

Dans une tribune parue dans Les Echos, le 24 avril, Erwann Tison, économiste et directeur des études pour l’Institut Sapiens, donne ses conseils afin de réussir la séquence de déconfinement et juguler le risque de résurgence de l’épidémie. Il juge le recours à l’automatisation comme un moyen de préserver la santé des salariés tout en assurant une continuité de l’activité économique. Décryptage d’une position qui ne manquera pas de faire réagir.

L’automatisation des métiers comme solution dans la phase post-confinement du Covid-19

Alors que les acteurs politiques, et tout particulièrement le gouvernement, planchent sur les modalités de la phase post confinement, Erwann Tison, directeur des études au sein de l’Institut Sapiens livre ses recommandations.

Si certains envisagent un déconfinement par régions, d’autres par classes d’âge, l’économiste recommande, quant à lui, d’automatiser au maximum les métiers dans la phase post-confinement afin de faire face aux risques d’une résurgence de l’épidémie. Une mesure qui permettrait de protéger les salariés tout en maintenant une reprise de l’activité économique, dans un contexte où le Covid-19 n’aura pas forcément disparu. La période épidémique a mobilisé un nombre non négligeable de salariés, dont ceux en deuxième ligne dans la lutte contre le Covid-19, qu’Emmanuel Macron s’évertue à féliciter et encourager publiquement, notamment sur les réseaux sociaux. Parmi ce bataillon, ceux qui travaillent dans la grande distribution, hôtes et hôtesses de caisses ou encore livreurs, engagés pleinement dans leur mission de continuité du service d’alimentation. D’une part, ce sont des métiers particulièrement exposés aux risques sanitaires ; d’autre part leur potentiel de digitalisation est conséquent. La recommandation de l’économiste : ces métiers doivent être digitalisés au maximum afin de préserver la santé des salariés, mais également des clients.

Protéger les salariés pour éviter le creusement des inégalités sous l’effet de l’automatisation

De prime abord, il est possible de penser que la position soutenue par Erwann Tison ne fera qu’activer les sirènes des tenants d’un discours selon lequel la machine viendrait remplacer le travailleur. Or, l’argumentaire de l’économiste apporte des réponses à ceux qui pourraient s’inquiéter d’une éventuelle suppression d’emplois au profit des machines. Il admet que “l’enjeu sera alors d’éviter un effet Atkinson de creusement des inégalités sous l’effet du progrès technique, tout en incitant les entreprises à investir dans les solutions de substitution”. Pour répondre à cet enjeu, il appelle au “surinvestissement”, mais soutient également le développement de plans de formation afin d’orienter les salariés concernés vers d’autres métiers.

Des plans de développement des compétences qui sont, depuis plusieurs années, au coeur des politiques de ressources humaines des grands groupes de distribution. Dernier en date, l’accord signé entre Casino et les organisations syndicales représentatives, un cadre protecteur pour assurer l’accompagnement des hôtes et hôtesses de caisses face à l’évolution du métier. Un plan de formation, sur le long terme, qui permet d’identifier les compétences de demain et de les transmettre aux salariés. Un engagement de la grande distribution qui prouve que les mutations de certains métiers ne sont pas d’aujourd’hui, et qu’en ce sens les propos d’Erwann Tison s’inscrivent dans la lignée d’un mouvement de fond : le déploiement des machines et de l’IA sur les lieux de travail. Un déploiement d’autant plus important aujourd’hui, au regard des contraintes sanitaires et risques qui pèsent sur les salariés.

S’adapter aux conséquences économiques de la crise du Covid-19

Une croissance en baisse de 8%, une dette qui affichera les 115%, les prévisions alarmistes du gouvernement, nous rappellent que les conséquences économiques seront bien prégnantes. À ces données macroéconomiques, il faut ajouter, en toute logique, des difficultés sectorielles, dont celles du commerce de détail. Comme avancé dans la tribune, “les transactions liées au commerce physique ont chuté de 80% par rapport à l’année dernière”, selon des chiffres de l’Insee. A contrario, le secteur du e-commerce enregistre une baisse de “seulement” 20%.

C’est pour répondre à ces difficultés économiques, que Erwann Tison préconise un recours à l’automatisation. À mesure que la crise sanitaire s’est développée, que les mesures de confinement sont apparues, les commerces ont été contraints de fermer leurs portes. À l’initiative d’entreprises, d’acteurs institutionnels locaux, ou bien de Français, des dispositifs solidaires ont vu le jour, via des plateformes internet, afin de permettre aux commerces de proximité de continuer leur activité. Une solidarité venue du terrain qui, bien qu’elle soit remarquable, n’a pas permis d’enrayer les difficultés financières des commerçants. Les tensions de trésorerie sont importantes, et elles imposent une reprise rapide de l’activité économique. Mais la phase post confinement sera encore celle du respect des gestes barrières afin d’éviter une résurgence de l’épidémie. C’est pourquoi Erwann Tison perçoit les dispositifs de vente en ligne comme un moyen de s’adapter aux normes sanitaires, tout en relançant l’activité. Une position somme toute pertinente quand on connaît l’attrait des consommateurs pour les technologies d’achat. Plus encore, il demande aux “exécutifs locaux” d’autoriser de façon exceptionnelle l’utilisation de technologies comme les drones et véhicules autonomes afin de livrer les produits et de limiter les interactions humaines.

Les recommandations d’Erwann Tison sont autant de pistes permettant d’envisager une sortie rapide et économiquement soutenable de la phase post-confinement. Là encore, les technologies d’achats sont présentées comme un outil efficace de protection des salariés et des clients. En outre, l’offre omnicanale est considérée comme un outil intéressant, à la disposition des commerces, dans la phase de reprise économique. Autant de possibilités qui témoignent des réflexions en cours au sujet du déconfinement.

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