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Société

Comment la concurrence du e-commerce renforce la nécessité du travail le dimanche ?

Comment la concurrence du e-commerce renforce la nécessité du travail le dimanche ?

Pour les commerces, l’ouverture dominicale est une manière de répondre aux changements des habitudes de consommation et à la concurrence croissante du e-commerce.

Pour Noël 2016, Amazon, le géant du numérique, a expédié 1 milliard de produits commandés sur sa plateforme. La même année 72% des utilisateurs réguliers du n°1 mondial des sites marchands a effectué au moins un achat pour Noël sur son site ou son application mobile. Un choix dicté notamment pour le besoin d’éviter la foule d’acheteurs qui se précipitent dans les magasins traditionnels à l’approche de l’échéance du 25 décembre.

Au-delà de cette problématique de confort et de l’impossibilité qu’ont parfois les consommateurs de se déplacer dans les magasins pour effectuer leurs achats, en dehors même des périodes fastes comme celles des fêtes de fin d’année, ceux-ci sont de plus en plus tentés par le modèle alternatif proposé par le e-commerce.

Changement des habitudes et des modes de consommation

Les plateformes en ligne sont de plus en plus sollicitées et pour des catégories d’achats toujours plus diversifiées. Parallèlement, le quotidien des Français évolue et les jours de la semaine ne sont plus aussi catégorisés qu’ils pouvaient l’être auparavant. Selon une étude de l’INSEE parue en 2016, la majorité des Français qui travaillent connaissent des horaires dits atypiques. Ils étaient en effet 63% il y a trois ans à ne pas connaître de semaine traditionnelle, allant du lundi au vendredi, de 9 heures le matin à 18 heures le soir. L’organisation de la semaine de travail des Français a une conséquence sur leurs habitudes de consommation. Le dimanche n’est, en conséquence, plus le jour de prédilection du temps familial et du repos : en 2014, 39% des travailleurs étaient en activité le samedi, et 21% d’entre eux travaillaient au moins un dimanche par mois. Les commandes en ligne augmentent en conséquence, et les commerces sont désertés les jours de prédilection des achats.

Survivre à la concurrence du e-commerce

Ces changements contribuent à l’essor du e-commerce, qui rebat les cartes du secteur. Amazon s’est hissé en 2019 à la quatrième place du classement international de la grande distribution. Auchan, leader français de l’édition 2019 du classement du secteur établi par Deloitte, n’apparaît qu’à la seizième place. Après le matériel informatique ou les livres, il est possible pour les Français de faire une partie de leurs courses en ligne, avant d’être livré à domicile ou dans un point de collecte.

S’adapter aux nouvelles habitudes des consommateurs, liées à la recherche croissante d’instantanéité de la part des consommateurs et aux modifications de l’organisation de la semaine traditionnelle, est devenu pour le commerce un enjeu de vie ou mort. Pour survivre, ceux-ci doivent parvenir à s’adapter pour contrer du mieux possible l’influence de plateformes numériques qui ne connaissent pas d’horaires. L’une d’entre elles peut constituer un handicap majeur pour la survie des commerces traditionnels et est au cœur des modifications des habitudes de consommation des Français : l’ouverture en soirée et le dimanche après-midi. Alors qu’Amazon expérimente aux États-Unis ses premiers centres d’achats entièrement automatisés, l’ouverture des commerces le dimanche après-midi, notamment de façon autonome peut être une solution pour ouvrir en horaires étendus sans remettre en cause la législation actuelle sur le travail dominical.

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