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Société

Les caisses automatiques toujours plus sollicitées par les consommateurs

Les caisses automatiques toujours plus sollicitées par les consommateurs

La publication des résultats annuels 2019 du Groupe Casino a confirmé une dimension importante du rapport entre consommateurs et acte d’achat. Ils sont de plus en plus nombreux à utiliser les technologies de paiement. Parmi celles-ci, l’utilisation grandissante des caisses automatiques, résultat du fort taux d’équipement du groupe mais plus encore de pratiques d’achat bouleversées par la crise sanitaire que nous traversons. De toute évidence, il faut s’attendre à une digitalisation accrue du secteur de la grande distribution au lendemain de l’épidémie de Covid-19.

Les chiffres du Groupe Casino sur l’utilisation des caisses automatiques représentatifs d’une tendance générale

Alors que la conférence annuelle de présentation des résultats du Groupe Casino est traditionnellement l’occasion de discuter d’indicateurs économiques, les discussions se sont concentrées, circonstances obligent, sur les dispositifs sanitaires dans le cadre de l’épidémie de Covid-19. Jean-Charles Naouri, PDG du groupe, est revenu longuement sur les dispositifs mis en place par l’enseigne, ainsi que ceux à venir, afin d’assurer la santé des clients comme celles des salariés. Dans ce contexte, fort d’un réseau de 300 magasins dits “autonomes”, le distributeur mise sur le recours aux outils d’encaissement automatiques, dont les caisses libre-service, pour promouvoir les gestes barrières. Une position motivée par l’urgence sanitaire mais aussi par des données chiffrés qui font état d’un intérêt certain des consommateurs pour cette technologie. En effet, selon des chiffres avancés par l’enseigne, sur les deux derniers mois de l’année 2019, 45% des paiements en hypermarchés, et 36% en supermarchés, sont réalisés par smartphone ou caisse automatique. Témoignage de l’intérêt des consommateurs pour l’automatisation du passage en caisse, mais aussi d’un phénomène généralisé à l’ensemble des magasins de l’enseigne, quelque soit le type de surface. Si certains pourraient croire que l’utilisation des caisses automatiques est uniquement l’affaire des magasins de proximité, la réalité est toute autre. Preuve en est, l’ouverture “autonome” le dimanche après-midi du Géant Casino de Davézieux en Ardèche afin de s’adapter aux contraintes sanitaires actuelles. Une expérimentation devenue habituelle pour de nombreux magasins comme celui d’Angers, ou encore celui d’Agen.

Le processus de “banalisation” des caisses automatiques n’est pas seulement observable au sein de l’enseigne Casino. Ces chiffres ne constituent pas moins un échantillon d’un phénomène sectoriel qui est celui de l’automatisation des moyens de paiements. Une tendance de fond, qui dépasse la logique des enseignes, et qui devrait s’étendre sous l’influence de la crise sanitaire.

L’utilisation des caisses automatiques confirmée et amplifiée par la crise du Covid-19

Si la dernière semaine pré-confinement, a été marquée par une accélération des achats de précaution, a fortiori après l’allocution présidentielle du jeudi 12 mars, les semaines suivantes consacrent la modification des comportements d’achat. À l’initiative des consommateurs ou bien des enseignes, les caisses automatiques sont privilégiées pour éviter les contacts humains et préserver la santé des clients et salariés. L’émergence de néo-utilisateurs sera donc à quantifier dans les prochaines analyses chiffrées. Mais nul doute que ces chiffres se feront le miroir d’une pratique amplifiée et généralisée à l’issue de la crise sanitaire.

Si les consommateurs se sont montrés parfois frileux quand à l’utilisation de cette technologie, si elle a été décriée par les syndicats, la période de crise sanitaire consacre son utilisation. Ce qui a changé, et ce qui va changer, au lendemain de cette crise sanitaire, dépasse le simple cas des caisses libre service. C’est la perception des consommateurs à l’égard des nouvelles technologies qui va se modifier durablement. De l’expérience du télétravail à la numérisation de l’éducation en passant par la télémédecine et la vente en ligne, la digitalisation s’étend à l’ensemble des sphères d’activités. Si expérimenter ne veut pas dire adopter, il n’en reste pas moins que les comportements seront profondément modifiés et que la complémentarité des nouvelles technologies sera reconnue. Par ailleurs, l’introduction de celles-ci dans la sphère du travail ou dans les lieux de consommation va modifier les relations qu’entretiennent salariés comme consommateurs avec les machines.

Jusqu’à quel point l’utilisation des caisses automatiques peut elle interroger sur le futur of works dans la grande distribution ?

Au même titre que d’autres secteurs d’activités, la grande distribution va connaître une utilisation croissante des technologies d’achat par les consommateurs. Une implantation progressive qui se traduit par une mutation des métiers de ce secteur. Au premier rang desquels l’emploi des hôtes et hôtesses de caisse. En effet, l’essor des caisses en libre-service implique de nouvelles tâches et donc de nouvelles compétences. Des pratiques et méthodes de travail devront donc émerger au sein de la grande distribution. Mais ces évolutions ont commencé à être anticipées par certaines enseignes, dont le Groupe Casino. En témoigne l’accord conclu en février dernier avec les organisations syndicales, qui vise à accompagner les hôtes de caisses dans le cadre de l’évolution du métier. Un plan de formation dont l’un des axes est d’identifier et de recenser les nouvelles compétences induites par l’utilisation des nouvelles technologies. Des initiatives qui sont à envisager pour l’ensemble du secteur et pour d’autres métiers dont ceux de la logistique, particulièrement mobilisés dans le cadre de l’épidémie et sensibles aux nouveaux comportements d’achat.

L’ère post confinement devrait donc contribuer à l’essor de nouveaux comportements plus enclins à épouser les nouvelles technologies d’achat, dont les caisses libre service en sont le symbole. Si la gestion de la crise sanitaire est un défi pour la grande distribution, celle de “l’économie d’après” devrait l’être tout autant. D’un point de vue de l’investissement technologique des enseignes, mais aussi en matière de politiques des ressources humaines.

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